Une Chandeleur mémorable à Caspana

2 février 2009
Près de CALAMA, se fête à CASPANA le 2 février, jour de la Chandeleur « Nuestra Senora de la Candelaria ». Chez nous, ce jour-là, on fait sauter les crêpes. Ici, la connotation religieuse originelle de la présentation de Jésus au Temple et de la purification de la Vierge Marie 40 jours après Noël a été conservée.

Donc, le 1er février, nous quittons CALAMA pour CASPANA, petite oasis à 3.350 m. d’altitude, habitée par une communauté indienne. Nous faisons un arrêt, à l’heure du repas à CHIU-CHIU pour voir sa petite église blanche à la charpente et aux portes réalisées en bois de cactus. Le goudron s’arrête là.

CASPANA est à cinquantaine de kilomètres plus loin en plein désert. Et curieusement, sur cette route se trouve un lac circulaire : la laguna Inca-Coya de 80 mètres de profondeur d’après Jacques Cousteau qui y a plongé. Vers 16 heures, nous arrivons à CASPANA et acquittons une dime pour entrée au village. Dans le creux de la vallée où il est niché, les chemins y sont étroits et très pentus : impossible d’y garer nos véhicules. Revenant sur nos pas, nous nous posons sur une plate-forme (un peu ventée) à l’entrée du village.


Nous partons à pied et guidés par le bruit de la musique, nous pénétrons dans la maison communale.

Là, les orchestres du style « bandas » se succèdent les uns après les autres de demi-heure et demi-heure et les gens dansent. C’est plein. Il y fait très chaud. Les boissons, un peu alcoolisées, sont offertes. La tradition veut que les premières gouttes du verre soit versées au sol pour « la terre ». Nous nous y conformons. Ambiance folle et cela va durer, sans arrêt, jusqu’au lendemain à l’heure de la messe… Bien entendu nous nous éclipsons et nous promenons parmi tous les stands des marchands. Nous sommes ébahis et assourdis.
Le lendemain, messe à 11 heures dans la cour de l’église suivie de la procession. Les « bandas» y arrivent les une après le autres avec leurs danseurs. La messe est dite avec beaucoup de ferveur. On y mélange les traditions chrétienne et indiennes. L’apothéose est la procession accompagnée par tous les orchestres. Bref, ce fut un grand moment où l’émotion y a trouvé sa place.



Seuls étrangers, nous sommes allés saluer et remercier le prêtre après l’office. Apprenant que Gérard et Gisèle habitent près de Villefranche sur Saône, il nous confie que les indiens vouent une passion à Jean-Marie Vianney, le saint curé d’ARS - nous l’avions remarqué puisque chaque église est dotée d’une statue de ce saint homme-. Il nous a fait promettre d’aller à notre retour jusqu’à Ars et lui envoyer médailles et images. Sur le coin de l’autel, il nous a donné son adresse postale, e-mail, site internet et téléphone portable….
A midi, le repas communautaire est offert à tous les habitants. L’apéritif nous est offert. Nous déjeunerons plus loin de grillades dans un restaurant de plein air à une table commune. Les fanfares reprendront de plus belles, sans arrêt jusqu’au lendemain midi… Elles nous berceront pendant la nuit.
Ces deux jours resteront gravés pour longtemps dans nos mémoires.

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