Le lendemain, ainsi que nous en avions décidé la veille, nous nous dirigeons vers la ville de Puerto Deseado, qui est semble-t-il très intéressante par sa faune aquatique dans l’estuaire qui la borde. Nous abandonnons la « 3 » à hauteur de Fitz Roy, tout petit bourg n’ayant rien à voir avec la montagne homonyme.[Aparté : Fitz Roy était le nom du capitaine du bateau de Darwin, lequel bateau portait le nom de Beagle, qui a donné son nom au canal bordant Ushuaia. Vous avez suivi. !! La montagne du même nom a été vaincue pour la première fois par Lionel Terray, français et grenoblois. Double cocorico !!!]A Fitz Roy, nous prenons du carburant. Le « locutorio » dépendant de la station permet à Gisèle Mulaton de téléphoner pour avoir des nouvelles de sa maman de 93 ans, hospitalisée depuis quelques jours. Rien n’est rassurant. Gérard et Gisèle prennent la décision de retourner en France.
L’aéroport le plus proche étant celui de Comodoro Rivadavia, ils décident d’y retourner. Compagnons de route, solidaires, nous les accompagnons pour les aider, dans la mesure de nos moyens, à faire les démarches pour ce retour précipité.
Nous revenons donc vers cette ville et prenons comme camp de base le camping municipal de Rada Tilly, proche de cette grande ville. Gérard et Gisèle s’occupent d’obtenir les places dans les vols sur la France, rapidement ils savent que lundi matin un vol intérieur les conduira à Buenos Aires, où un vol international les ramènera en France.
Nous sommes le vendredi soir, le camping agréable, ombragé et à l’abri du vent se remplit petit à petit. Le samedi et le dimanche, il affiche complet souvent par des familles qui n’y viennent passer que la journée et y manger la « parilla ».
La « parilla » (à prononcer la paricha – le ll espagnol se prononçant ici ch ) est une sorte d’énorme barbecue comprenant morceaux de bœuf, poulets, et saucisses. La très bonne réputation de la viande bovine argentine et de l’appétit carnivore des argentins est une vérité.Surpris de cette affluence dans un camping, surtout par des gens n’y passant pas la nuit, nous finissons par comprendre.
D’abord, dans un camping argentin, chaque emplacement comprend un édifice en béton faisant office de barbecue avec une petite réserve de bois et sa grille.
Ensuite, le citadin de ce pays ne peut trouver en campagne aucun endroit où pique-niquer ; toute estancia ou propriété privée est close et aucun espace public n’y a sa place, outre qu’aucun arbre ne protège du vent.
L’emplacement du camping devient donc un endroit idéal.
Bref, nous vivrons jusqu’au dimanche soir dans un milieu très familial, festif et méditerranéen par la musique et le verbe haut… très tard dans la nuit – ou si l'on veut très tôt le matin !!!
Gentiment, Micheline et moi avions prévu de nous « venger » le matin vers 7 heures avec notre radio, mais « plouf » total, ils étaient déjà debout !!!!

Lundi matin, Gisèle et Gérard nous quittent avec regret de part et d’autre.
Les Auffray et nous restons maintenant seuls pour continuer jusqu’au retour de nos amis qui ont laissé leur camping-car en gardiennage au camping de Rada-Tilly.
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