Le lendemain tôt, je fais un petit tour autour du cratère. Le vent au bord de la crête est très violent. Je découvre une petite fleur que je pense être une « orchidée » : la « zapatilla de la virgen ». Est-elle identique ou apparentée à ce nous appelons le « sabot de vénus » ?Quelques dizaines de kilomètres plus loin, toujours vent de face, nous atteignons la frontière chilienne que nous passons facilement. La seule difficulté est la nécessité de ne pas transporter de produits frais, certains légumes ou autres dont la liste n’est pas très précise pour des raisons phytosanitaires. Le réfrigérateur doit être pratiquement vidé.
Nous voilà dont au CHILI pour environ 220 km et le détroit de Magellan à franchir.
Ce détroit qui sépare l ‘île de la « Terre de Feu » du continent et une bonne partie de cette île est territoire chilien, le surplus étant Argentin.
Ils doivent être peu nombreux au monde les pays dont le territoire est séparé en deux par l’emprise d’un autre état. J’en vois un autre : les USA dont l’Alaska est séparé par le Canada, et autre plus ancien aujourd’hui disparu par la création de deux états : le Pakistan alors séparé en deux parties : occidentale et orientale, cette dernière étant devenue le Bangladesh.
En connaissez-vous d’autres ? [NDLR : oui, Oman coupé par les Emirats Arabes Unis. Si vous avez des suggestions, cliquez sur "COMMENTAIRES" en bas du billet]. Peut-être dans la division de l’ancienne Yougoslavie.
Cette route perd son numéro 3 argentin pour, au Chili, ceux de 255 et 257. Elle perd aussi son asphalte sur la moitié des 200 km de sa longueur, celle permettant de retrouver l’Argentine…
Nous traversons le détroit de Magellan, dans sa partie la plus étroite, d’environ 4 à 5 km.
Un bac s’échouant sur la grève charge puis décharge les véhicules de part et d’autre en 30 minutes de traversée.

Le vent a créé une houle assez importante qui fait tanguer le navire et mouille les audacieux montés sur le pont et les véhicules. Témoin cette petite vidéo :
Nous déjeunons sur la rive sud de ce détroit, sur l’Île de Feu par 52° 29,672 de latitude sud et 69° 31,199 de longitude ouest (système WGS 84), pour ceux qui souhaitent visionner les lieux sur Google Earth. Nous verrons un pétrolier et un vraquier se croiser dans ce passage découvert par Magellan, il y a près de cinq siècles.


Le goudron cesse 50 km plus loin pour céder la place au « ripio », piste en plus ou moins état. Plus la latitude sud grandit, plus le paysage devient vert et lacustre. Nous croisons beaucoup de guanacos, oiseaux, et moutons bien gros de laine ou de gras, difficile à dire...
Cela nous rappelle un peu l’Islande, sous une latitude semblable au nord.
Le poste frontière du Chili apparaît : formalités de sortie ; et une dizaine de kilomètres plus loin, à San Sebastian, poste frontière de l’Argentine avec les mêmes contrôles phytosanitaires.
Nous souhaitons y prendre du carburant, mais nous y bénéficions du prix « étranger ». Le pompiste (sympa) nous conseille d’attendre Rio Grande, 80 km plus loin, plus éloigné de la frontière et donc non touché par cette mesure.
Nous y passons la nuit, à l’abri du vente derrière une ancienne station service.
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